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Test de la Garmin Forerunner 735XT

Un post un peu différent que d’habitude, puisque j’ai eu le privilège de tester la Garmin Foreruner 735XT pour New Concept Sport. La vidéo Running Mag 42 est ici. L’essentiel y est dit, mais c’est évidemment succinct. Pour les personnes qui souhaiteraient en savoir un peu plus, voici un résumé de mes principales observations.

Le poids : “Zut, j’ai oublié ma montre !”

La première chose qui frappe lorsqu’on prend la Forerunner 735XT en main, c’est sa légèreté ! Sur le papier, le fabricant annonce 41 g. Ce chiffre ne me disait pas grand’chose, mais au poignet c’est vraiment très, très léger. Et très, très agréable. D’autant que du coup, la montre est plus fine, moins massive et je n’ai plus l’impression de faire une session d’haltérophilie lorsque l’entrainement se prolonge un peu (les personnes aux bras menus me comprendront).

Boutons sur la tranche : agréable mais un peu risqué

L’ergonomie aussi est agréable, avec les boutons de démarrage et de menu sur la tranche. Perso j’aurais préféré enclencher ou actionner les intervalles avec le pouce droit (donc que ces boutons soient positionnés sur le côté proximal lorsqu’on porte la montre à gauche) mais bon, je ne vais pas (trop) faire la fine bouche.

Etant donné qu’il est plus facile d’enfoncer les boutons sur la tranche que sur la face, le risque existe qu’ils s’enfoncent accidentellement, par exemple lorsqu’on enlève la combinaison de natation après une séance en eau libre. Pas grave à l’entrainement, mais durant un triathlon c’est ennuyeux si on a programmé le « multisport ». Dans cette configuration, on appuie sur « lap » à chaque changement de sport et la montre passe automatiquement d’une activité à l’autre. Mais elle ne sait pas revenir en arrière ! Donc en triathlon, il vaut mieux bloquer les touches (très simple à faire) si on ne veut pas se retrouver avec une transition mesurée comme un parcours vélo et ainsi de suite, jusqu’à une course à pied pas mesurée du tout. (Petit détail pour les têtes en l’air, n’oubliez pas de re-débloquer les touches après la natation!).

Fréquence cardiaque : avec ou sans ceinture ?

Autre point fort, l’évaluation de la fréquence cardiaque au poignet ! Quel bonheur d’être débarrassée de la ceinture thoracique ! Mais … il y a un mais. J’ai observé un certain manque de réactivité dans les séances avec des changements de rythme brutaux. Donc l’analyse de l’effort après une séance d’intervalles ne sera pas tout à fait exacte. Et si on base sa séance d’entrainement sur des seuils de fréquence cardiaque, il risque d’y avoir quelques bugs avec des alarmes erronées nous enjoignant de courir plus ou moins vite alors qu’on est, en réalité, parfaitement dans la cible. Rien de rédhibitoire puisqu’on peut, évidemment, courir avec la ceinture tout de même. Elle est à prévoir pour ce type de séance, assurément. Je ne l’ai pas eue en test, mais elle devrait fonctionner aussi bien que les autres modèles.

Grande nouveauté, la fréquence cardiaque se mesure également dans l’eau ! En l’occurrence je n’ai pas eu droit à la ceinture spécifique à cet effet pour le test, donc j’ai continué d’évaluer mon cardio au feeling, à savoir : 1. Mes poumons vont exploser ; 2. Mes poumons vont exploser et mes yeux vont sortir des orbites ; 3. Cette fois c’est foutu, mes poumons explosent, mes yeux sont sortis de ma tête et mes oreilles sonnent le tocsin ; etc. (Vous l’aurez deviné, la natation n’est pas mon point fort). Je ne suis pas certaine de l’intérêt de mesurer la FC durant la natation, mais il faudrait en parler avec un coach. En tant qu’utilisatrice, je constate simplement qu’il faut une 2ème ceinture pour ça.

GPS contre altimètre

Le GPS semblait bien fonctionner, tant à vélo qu’en course à pied. A vélo j’ai comparé les distances avec mon fidèle Garmin Edge 500 et à pied j’ai comparé avec la montre Garmin Forerunner 910XT. Tout allait bien, jusqu’à ce que j’aille faire des 200 m à la piste d’athlétisme. Et l’allure calculée était catastrophique, car pour une raison que j’ignore, la montre que je testais prenait mes 200m pour des 100m ! J’aurais voulu re-tester ça un autre jour, peut-être y avait-il un souci de connexion avec les satellites, mais je n’en ai pas eu l’opportunité. Donc, à vérifier assez vite en cas d’achat !

Une autre remarque concernant le GPS, c’est sur lui que compte la Forerunner 735XT pour évaluer le dénivelé, car si j’ai bien compris le manuel elle ne comporte pas d’altimètre barométrique. Je n’ai pas testé, mais je dirais que ça rend l’évaluation des dénivelés peu précise et probablement pas adaptée pour des trails.

Encore quelques bricoles

Outre une navigation très aisée et une excellente lisibilité, la Forerunner 735XT offre une série de mesures de paramètres « santé » (nombre de pas, heures de sommeil, etc.) Ce n’est pas une réelle plus-value pour des athlètes qui n’ont pas besoin d’une montre qui leur rappelle de se lever de leur bureau pour lutter contre la sédentarité. Et pour des personnes sédentaires qui cherchent à acquérir une meilleure hygiène de vie par le mouvement, je proposerais un outil moins high-tech et moins cher. Mais ce n’est que mon opinion. J’ai été heureuse de pouvoir tester ces fonctions, car ça pourra sûrement être utile dans le cadre de mon travail, mais c’est une autre histoire !

Attention, les triathlètes

Encore un point spécifique aux triathlètes : la montre n’existe pas en kit « démontable ». On ne peut pas, en la pivotant d’un quart de tour, la décrocher de son bracelet pour la fixer sur son cintre de vélo. Si on ne possède pas déjà un outil adapté au cyclisme, je ne recommanderais donc pas la Forerunner 735XT pour le triathlon. Le fait de ne pas pouvoir surveiller ses paramètres en baissant simplement ses yeux vers le cintre de son vélo peut vite devenir un problème. Dès lors, je n’ai pas testé sa capacité à se coupler avec mon capteur de puissance de pédalage ; ce paramètre doit être « sous les yeux ». Si je dois lâcher mon guidon ou me pencher pour lorgner mon poignet ça perd son intérêt.

Un dernier point pour les triathlètes qui se destinent à un événement longue distance : l’autonomie annoncée de la batterie est de 14 heures. Ça donne un objectif pour terminer à temps… (mais attention à ne pas enclencher la montre trop tôt avant le départ !).

Pour terminer, je tiens à préciser que je n’ai rien reçu pour effectuer ce test, ni de la part de Garmin, ni de NCS et que je n’ai pas de conflits d’intérêts.

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Ce que Compressport peut faire pour nous

Tous les athlètes non-professionnels et autres sportifs du dimanche, quelles que soient leurs ambitions, partagent une même préoccupation : trouver du temps en suffisance pour s’entraîner.

Expert-e-s en gestion du temps, notre agenda est un puzzle auquel nous travaillons sans cesse. Pas de place pour le vide. Nous jonglons avec nos obligations professionnelles, les activités familiales, nos tâches domestiques. Et notre entraînement.

Dès lors, plutôt que le volume, nous privilégions la qualité et la spécificité. Les séances longues et peu intenses s’effacent devant les entraînements à haute intensité. Les « hard sessions ». Celles qui, en principe, devraient être suivies de récupération.

Que celles et ceux qui ont la possibilité de faire une sieste après un entraînement qui vous laisse sur le carreau lèvent la main ! C’est bien ce que je pensais… On enchaîne avec le boulot, les enfants, les courses, la lessive, parfois même un peu de vie sociale. Efficience maximale, repos minimal.

Cette efficience a un coût. Une séance d’intensité sur un organisme fatigué sera moins profitable; il faut de la fraîcheur pour dépasser ses limites ! Sinon, les conséquences ne se feront pas attendre : performances décevantes (au mieux) ou blessure (au pire).

Et c’est là que Compressport intervient. Pas d’oreiller magique, mais des textiles qui se glissent de plus en plus dans la vie des sportifs. Et ce n’est pas par hasard.

Les Full Legs, bien qu’elles ne remplacent pas un massage, laissent les jambes légères si elles sont portées durant quelques heures après une sortie exigeante et permettent ainsi de rapprocher les entraînements.
Les Full Socks sont un must. Vous travaillez debout ? Vous travaillez assis ? Vous pendulez en train ou en voiture? Portez-les si vous envisagez un entraînement en fin de journée ! (Ah non, si vous êtes en jupe ça ne va pas, en escarpins non plus. Par contre pour un voyage en avion c’est indispensable). Et après l’entrainement, si vous n’avez pas de Full Legs, portez-les aussi, à moins que vous puissiez vous glisser sous la couette pour une vraie récupération.
Encore un mot sur les R2, ces manchons de compression qui ont la bonne idée d’exister en une multitude de couleurs. Je les porte pour limiter les (micro-)blessures durant la course à pied. C’est un peu contre-productif, au fond, car le but de l’entraînement est justement d’entamer l’organisme, qui va ainsi devoir se renforcer. Mais pour se renforcer, il lui faut du temps : des sorties dites de « récupération » – longues et lentes, et du repos… et le temps, c’est la denrée manquante. Mieux vaut donc, à mon avis, limiter les dégâts et faciliter ainsi le processus de régénération.

Evidemment, Compressport ne remplace pas une bonne nuit de sommeil, ni un massage effectué par quelqu’un de compétent. Compressport ne négocie pas un taux d’activité allégé avec votre boss, et ne surveille pas les devoirs des enfants. Mais Compressport, à mes yeux, contribue à notre qualité de vie et nous aide à faire tout ce qu’on aime sans y laisser trop de plumes.

Des nounours sur la ligne de départ

Lorsque mes pratiques de cycliste amatrice rejoignent celles des pros, je me sens étrangement fière, un peu comme si cela me rapprochait de ce monde de guerrier-ère-s. A fortiori lorsqu’il s’agit d’une habitude intime, quasi honteuse, et en ce qui me concerne très régressive.

Je veux parler des nounours. Ceux de la ligne de départ. Pas les ours en peluche qui nous protègent des monstres lorsque nous sommes petits. Ceux dont je veux parler sont en gomme, et mastiquer leur texture caoutchouteuse contribue à la concentration avant un départ de course. En prime, ils permettent de remplacer le sucre puisé dans nos réservoirs musculaires pendant l’échauffement.

Ce que nous sommes peu nombreux-ses à savoir, c’est que le nounours est un pionnier du ravitaillement sportif ! Dans les années 1920, après avoir constaté que les concentrations de glucose musculaire étaient très faibles après un marathon*, des chercheurs recommandèrent aux participants du Marathon de Boston de 1924 de consommer des glucides durant la course. Et les glucides étaient véhiculés par… des bonbons ! Bien que la méthodologie de l’époque ne passerait pas la rampe aujourd’hui, ce travail a posé les fondements du ravitaillement en hydrates de carbone durant l’effort pour améliorer la performance.

On est loin des gels high-tech, dont la composition tient compte de la capacité d’absorption de l’organisme ; mais qui n’offrent aucun réconfort psychologique au moment de prendre le départ. Au contraire des petits nounours…

* Levine et al. JAMA 1924, 82 :1778-9

Avaler, ou ne pas avaler ?

Le sucre est un dopant naturel (et pour l’instant légal) et son pouvoir sur le cerveau fait régulièrement le thème d’articles scientifiques ou de vulgarisation. L’info n’est pas nouvelle mais l’histoire mérite d’être racontée (et Asker Jeukendrup, le principal instigateur des études à ce sujet, le fait avec excellence sur le site de Peak Performance).

La plupart des sportifs appliquent la recommandation de consommation de 60 g d’hydrates de carbone par heure d’effort (on peut grimper à 90g/heure lors de très longues durées, à condition de varier les sources). Ceci permet de prévenir l’hypoglycémie et de maintenir des taux élevés d’oxydation. Autrement dit, de remplacer le carburant utilisé par les muscles tout en encourageant l’organisme à tourner à plein régime.

Aussi, lorsque des chercheurs mirent en évidence qu’un apport de sucre avait un impact favorable même lors d’un exercice bref (un contre-la-montre de 40 km sur vélo ergométrique), ils sont restés perplexes1. L’explication n’était pas à chercher du côté de l’hypoglycémie, puisque l’organisme n’aurait pas le temps d’absorber, de transporter et d’utiliser les sucres consommés avant la fin de l’effort. Pour en avoir le cœur net, des cyclistes ont été perfusés pendant l’effort : la moitié d’entre eux avec une solution sucrée, les autres avec un placebo (solution saline)2. Malgré une grande différence de concentration de sucre dans le muscle, la performance était identique dans les 2 groupes ! Ce n’était donc pas une question de carburant.

Si vous avez déjà été au bord de l’épuisement et observé l’effet instantané de la consommation d’un produit sucré (bien avant qu’il soit digéré) vous savez que l’explication est à rechercher dans le cerveau.

Nouvelle étude avec des cyclistes prêts à se faire mal sur 40 km virtuels (les besoins du protocole imposent toujours le vélo ergométrique). Cette fois, il leur est demandé de se rincer la bouche durant 5 secondes avec une solution sucrée, sans en avaler une seule goutte, et de la recracher. La subtilité était l’utilisation d’une maltodextrine sans goût sucré. Eureka : ceux qui s’étaient rincé la bouche avec la solution de maltodextrine gagnaient une minute par rapport à ceux qui s’étaient rincés la bouche à l’eau3. La seule présence de molécules d’hydrates de carbone dans la bouche serait donc suffisante pour réduire la perception de l’effort au niveau du cerveau.

La confirmation de cette hypothèse est arrivée avec une étude scannant le cerveau de sujets en train d’avaler ou non une solution sucrée4. La présence en bouche de molécules d’hydrates de carbone (avec ou sans goût sucré) suffisait à activer certaines zones du cerveau liées au plaisir et au contrôle moteur. Le cerveau semble anticiper l’arrivée de carburant dès que celui-ci pénètre dans la bouche. En revanche, un liquide au goût sucré mais édulcoré de manière artificielle  n’a aucun effet.

En conclusion, pour un effort d’environ 30 minutes… ce n’est même pas la peine d’avaler !

1 Jeukendrup et al. Int J Sports med 1997;18:125-9.

2 Carter et al. Med Sci Sports Exerc 2004;36:1543-50.

3 Carter et al. Med Sci Sports Exerc 2004;36:2107-11.

4 Chambers et al. J Physiol 2009;587:1779-94.

C’est de saison !

Frappant comme les cyclistes sont prêts à dépenser des sommes considérables pour alléger leur vélo. Les grammes se chiffrent vite à plusieurs centaines de francs. Evidemment, le gain de poids n’est pas la seule motivation. L’amour du beau matériel, le plaisir de visiter les magasins de vélo, de soupeser des roues, d’admirer la facture d’un cadre, d’écouter des roulements neufs… autant de raisons qui envoient les fanas de vélo à la recherche de la pièce qui manque. Surtout à l’approche de Noël !

Du moins, j’ose croire que la vraie raison qui motive Alain à s’offrir une nouvelle paire de roues est bien le plaisir d’un joli cadeau à mettre sous le sapin, et non pas la différence de poids d’avec la paire précédente. Quelques centaines de grammes qui ont un sacré coût ! Je lui ai soufflé qu’il serait sans doute plus efficace de perdre 3 ou 4 kg, d’autant qu’Alain a un léger surpoids. Offusqué, il m’a dit que la saison n’était pas à la perte de poids !

La chasse au poids est centrale dans la vie des cyclistes (un peu) sérieux. Nous sommes nombreux à nous souvenir de Jan Ullrich au sortir de l’hiver, lesté d’un certain nombre de kilos incompatibles avec la pratique sportive de haut niveau. En réalité, s’il s’était trouvé sur une plage en plein été, il aurait eu l’air juste «normal ». Mais parmi les coureurs affutés, le contraste était saisissant. Car les coureurs du peloton sont minces. Très minces. Même les « gros costauds » semblent freluquets lorsqu’on les croise dans la vraie vie. Cette chasse aux kilos pose souvent des difficultés éthiques aux diététicien-ne-s : le trouble du comportement alimentaire n’est jamais loin, et la restriction chronique à un coût : malnutrition, fatigue, obsessions alimentaires, troubles de l’humeur et autres compulsions alimentaires.

Pour les cyclistes raisonnables toutefois, il s’agit plutôt de rester autour du poids de forme durant l’hiver. Rien de terrifiant : maintenir une activité physique régulière (en général un pur plaisir pour les sportifs) et adapter les apports alimentaires à la sensation de faim. Chez les sportifs, les besoins énergétiques restent considérables, même entre-saison, donc il y a une belle marge de manœuvre pour se faire plaisir à table. Nul besoin de viser un poids inférieur à la norme, encore moins de se restreindre drastiquement, ce serait contre-productif, mais respecter sa sensation de satiété et éviter les fringales incontrôlables en mangeant régulièrement. Et puis, ne pas forcer sur les calories cachées et consommées si vite qu’elles sont vite oubliées…  en particulier les boissons autres que l’eau. C’est de saison…

Ça donne des ailes. Vraiment ?

Luc* s’entraîne dur. Des heures sur le vélo, selon un programme d’entraînement précis et des compétitions exigeantes. Persuadé que certaines boissons boostent sa performance, il a un peu forcé la dose récemment, et s’est retrouvé dans un tel état d’agitation qu’il a sans doute perdu beaucoup d’énergie pour trouver le calme et la concentration nécessaires à un bon départ.

Lili* m’appelle de chez le médecin pour me demander de récupérer ses enfants à l’école. Prise de palpitations et de douleurs à la poitrine, elle s’est rendue à la permanence où on lui diagnostiqué une hypertension artérielle qui lui a valu une nuit d’observation à l’hôpital.

Dakota Sailor, un jeune américain de 18 ans, a du être hospitalisé 5 jours après une syncope. En cause, la consommation de deux cannettes de boisson énergisante dont la teneur en caféine dépasse largement ce qui se trouve habituellement dans les boissons sucrées.

Point commun entre ces trois situations ? La consommation de boissons énergisantes, encouragée par un marketing qui « donne des ailes ».

En tant que denrées alimentaires, les boissons énergisantes bénéficient d’une législation très souple et il n’est pas nécessaire de définir des doses de consommation maximales. Aux Etats-Unis, l’Association des centres toxicologiques (American Association of Poison Control) essaye de recenser les « drink overdoses » liées aux boissons énergisantes : près de 200 cas sont rapportés chaque mois, la plupart concernant des enfants. Syncopes, hallucinations, palpitations, douleurs thoraciques, hypertension et irritabilité sont les principaux symptômes.

Luc perçoit ce qu’une étude récente a mis en lumière (1) : l’ingestion de caféine améliore les « sensations » sur le vélo. Une autre étude a démontré une amélioration de la performance sur un contre-la-montre après ingestion de 500 ml de Red Bull comparé à un placebo de même saveur (2). Amélioration (très) modeste qui demande à être confirmée. Mais est-ce que des doses supplémentaires améliorent encore la performance ? Y a-t-il une habituation de l’organisme au produit ? Quel est l’impact neurologique et digestif d’une utilisation à long terme ?

Lili a réduit drastiquement sa consommation de boissons énergisantes. Après une difficile désaccoutumance, elle s’en tient à une cannette de Red Bull par jour. Sa tension est redevenue normale et elle dort mieux.

Quant aux enfants, ils doivent être protégés contre l’utilisation de ces boissons : la caféine peut engendrer la dépendance et est déconseillée avant l’âge de 11 ans (3). Dans le canton de Genève, deux écoles primaires de la commune de Plan-les-Ouates ont récemment interdit la consommation de boissons énergisantes sur le temps scolaire. Décision courageuse dans un climat de « responsabilité individuelle ».

*Prénom d’emprunt, les concernés se reconnaîtront !
(1) Backhouse SH et al. Caffeine ingestion, affect and perceived exertion during prolonged cycling. Appetite 2011; 57:247-52.
(2) Ivy JL et al. Improved cycling time-trial performance after ingestion of a caffeine energy drink. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2009;19:61-78.
(3) Seifert SM et al. Health effects of energy drinks on children, adolescents, and young adults.Pediatrics 2011; 127:511-28.

Mal au ventre : ennemi #1 du sportif

Luis a fait tout juste. Affuté, entraîné, reposé, il a vérifié son matériel, préparé ses ravitos. Il est au pic de sa forme et veut rouler au meilleur de son potentiel sur cette compétition de VTT. Il est prêt.

La bagarre commence d’entrée de jeu. Contre les adversaires bien sûr, et contre le frein intérieur qui cherche à ralentir les athlètes au bord de l’asphyxie, aux muscles en feu. Parfaitement entraînées, les jambes de Luis tournent bien. Frais et reposé, il est lucide et les meilleures trajectoires s’offrent à lui sans hésitation. Sa force mentale lui permet de se faire mal (sans se griller), il sait que ses adversaires souffrent, eux aussi.

Mais Luis a mal au ventre. Le genre de douleur qui empêche de manger, de boire. Un mal obsédant, qui aspire des forces précieuses et affecte la concentration. Une autre bagarre commence alors, contre le découragement. Continuer, faire au mieux, ne pas lâcher, ne pas faire de fautes. Peut-être la douleur va-t-elle s’estomper bientôt et Luis ne veut pas se trouver loin derrière à ce moment-là.

Il a tenu bon. Il a non seulement fini, mais a fait un très bon temps. Seulement, il est déçu. Il aurait pu faire tellement mieux ! Ce n’est pas comme une chute, une faute tactique ou une erreur de ravitaillement, autant d’aléas qui expliquent rationnellement une contre-performance et peuvent même être utiles pour progresser.

Rien de tel avec les troubles digestifs, imprévisibles et incontrôlables. Je ne parle pas de l’indigestion provoquée par un repas déséquilibré ou trop copieux la veille d’une compétition. Ni des troubles provoqués par un ravitaillement inhabituel. Luis, à l’instar des athlètes sérieux, sait quoi manger, quand manger. Il connaît ses fragilités, ses intolérances, il a ses habitudes, ses gels, ses barres, ses boissons. Et malgré tout, son appareil digestif le trahit, juste aujourd’hui.

Ces troubles affectent tous les sportifs d’endurance un jour ou l’autre. L’effort prolongé nécessite une redistribution du flux sanguin et l’artère mésentérique supérieure, censée apporter sang et oxygène aux intestins, modifie ses cibles : priorité aux jambes, au cœur et aux poumons. Cette réduction du flux sanguin contribue à l’irritation du côlon, aggravée par les chocs lors de course à pied ou de VTT. La déshydratation vient amplifier l’irritation, l’organisme réabsorbant un maximum de liquide et asséchant littéralement les intestins. Résultat : douleurs, crampes, voire diarrhée ou saignements. Toute prise alimentaire devient très difficile, car le travail du système digestif est secondaire pour un organisme à l’effort. Ajoutez à cela que l’exercice peut rendre le sphincter œsophagien inférieur moins hermétique, ce qui provoque reflux et brûlures d’estomac.

Le plus souvent, heureusement, « ça passe tout seul ». Mais si les symptômes persistent ou s’aggravent, mieux vaut en parler à un médecin expérimenté dans ce domaine. Bonne nouvelle, un plan d’entraînement adéquat contribue également à prévenir ce type de problèmes. Pour Luis, il ne reste que l’option de la résilience et de la concentration en vue de la course suivante.

Références utiles
Ho GW. Lower gastrointestinal distress in endurance athletes. Curr Sports Med Rep 2009;8:85-91.
Pfeiffer B, Stellingwerff T, Hodgson AB, Randell R, Pottgen K, Res P, Jeukendrup AE. Nutritional Intake and Gastrointestinal Problems during Competitive Endurance Events. Med Sci Sports Exerc. 2011 Jul 19.

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