Mal au ventre : ennemi #1 du sportif

Luis a fait tout juste. Affuté, entraîné, reposé, il a vérifié son matériel, préparé ses ravitos. Il est au pic de sa forme et veut rouler au meilleur de son potentiel sur cette compétition de VTT. Il est prêt.

La bagarre commence d’entrée de jeu. Contre les adversaires bien sûr, et contre le frein intérieur qui cherche à ralentir les athlètes au bord de l’asphyxie, aux muscles en feu. Parfaitement entraînées, les jambes de Luis tournent bien. Frais et reposé, il est lucide et les meilleures trajectoires s’offrent à lui sans hésitation. Sa force mentale lui permet de se faire mal (sans se griller), il sait que ses adversaires souffrent, eux aussi.

Mais Luis a mal au ventre. Le genre de douleur qui empêche de manger, de boire. Un mal obsédant, qui aspire des forces précieuses et affecte la concentration. Une autre bagarre commence alors, contre le découragement. Continuer, faire au mieux, ne pas lâcher, ne pas faire de fautes. Peut-être la douleur va-t-elle s’estomper bientôt et Luis ne veut pas se trouver loin derrière à ce moment-là.

Il a tenu bon. Il a non seulement fini, mais a fait un très bon temps. Seulement, il est déçu. Il aurait pu faire tellement mieux ! Ce n’est pas comme une chute, une faute tactique ou une erreur de ravitaillement, autant d’aléas qui expliquent rationnellement une contre-performance et peuvent même être utiles pour progresser.

Rien de tel avec les troubles digestifs, imprévisibles et incontrôlables. Je ne parle pas de l’indigestion provoquée par un repas déséquilibré ou trop copieux la veille d’une compétition. Ni des troubles provoqués par un ravitaillement inhabituel. Luis, à l’instar des athlètes sérieux, sait quoi manger, quand manger. Il connaît ses fragilités, ses intolérances, il a ses habitudes, ses gels, ses barres, ses boissons. Et malgré tout, son appareil digestif le trahit, juste aujourd’hui.

Ces troubles affectent tous les sportifs d’endurance un jour ou l’autre. L’effort prolongé nécessite une redistribution du flux sanguin et l’artère mésentérique supérieure, censée apporter sang et oxygène aux intestins, modifie ses cibles : priorité aux jambes, au cœur et aux poumons. Cette réduction du flux sanguin contribue à l’irritation du côlon, aggravée par les chocs lors de course à pied ou de VTT. La déshydratation vient amplifier l’irritation, l’organisme réabsorbant un maximum de liquide et asséchant littéralement les intestins. Résultat : douleurs, crampes, voire diarrhée ou saignements. Toute prise alimentaire devient très difficile, car le travail du système digestif est secondaire pour un organisme à l’effort. Ajoutez à cela que l’exercice peut rendre le sphincter œsophagien inférieur moins hermétique, ce qui provoque reflux et brûlures d’estomac.

Le plus souvent, heureusement, « ça passe tout seul ». Mais si les symptômes persistent ou s’aggravent, mieux vaut en parler à un médecin expérimenté dans ce domaine. Bonne nouvelle, un plan d’entraînement adéquat contribue également à prévenir ce type de problèmes. Pour Luis, il ne reste que l’option de la résilience et de la concentration en vue de la course suivante.

Références utiles
Ho GW. Lower gastrointestinal distress in endurance athletes. Curr Sports Med Rep 2009;8:85-91.
Pfeiffer B, Stellingwerff T, Hodgson AB, Randell R, Pottgen K, Res P, Jeukendrup AE. Nutritional Intake and Gastrointestinal Problems during Competitive Endurance Events. Med Sci Sports Exerc. 2011 Jul 19.

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Régime Duk*n

Il fallait bien que je l’aborde un jour. Je rechignais, ne voulais pas faire de la pub. Mais Dukan est partout, sauf sur mon blog. Donc aujourd’hui, c’est de Dukan qu’on parle. Enfin, du régime Dukan. Car le docteur Dukan, je ne le connais pas. J’ai l’ai vu à la télévision, filmé dans son luxueux cabinet parisien, je l’ai entendu expliquer que son régime permet d’éliminer la “pourriture que les gens ont dans leurs artères“, qu’il envisage un “McDu” (du fast food à la mode Dukan) et cela m’a laissé une impression d’indécence et d’opportunisme.

Mais parlons de son régime. Qui est très simple: phase d’attaque, phase de croisière, phase de consolidation, phase de stabilisation.

En phase d’attaque on mange uniquement des protéines, l’organisme en manque de calories puise dans ses réserves et comme le veut la logique, le poids diminue. Phase de croisière, on introduit des légumes et on atteint un poids d’équilibre, qui correspond aux calories ingérées. Phase de consolidation, on tente de maintenir ce nouveau poids, donc l’apport calorique qui va avec. Pour chaque kilo perdu, il faut 10 jours de consolidation, donc si vous avez perdu 15 kilos, vous êtes avez droit à 150 jours de consolidation… hmmmmm… 5 mois de régime supplémentaires. Reste la phase de stabilisation, qui dure… toute la vie. Mais elle est très “simple” : le jeudi on mange des protéines, comme en phase d’attaque, et chaque jour on avale 3 cuillers à soupe de son et d’avoine. Ah et on mange équilibré, bien sûr.

Ça a l’air simple, et c’est ce qui fait le “succès” de la méthode. Car en fait de succès, de quoi parle-t-on ? Si c’est du succès commercial, il est indéniable : presque 600’000 livres vendus en 2010, rien qu’en France. Sans compter les produits dérivés et les traductions. Un vrai succès. En termes de kilos perdus, c’est sans doute un succès aussi. La phase d’attaque est d’une efficacité redoutable pour perdre du poids et si on additionnait les kilos perdus par l’ensemble des adeptes ça ferait une belle montagne. A long terme, c’est beaucoup moins évident. Il y a bien quelques héro-ïne-s qui parviennent à changer durablement leurs habitudes de vie, leurs comportements alimentaires ; mais il faut ensuite bien plus qu’une simple liste de préceptes pour que ça dure. Et pour la grande majorité, ça se termine comme avec n’importe quel régime : par une reprise de poids. Selon une enquête récente, 50% des adeptes auraient déjà repris le poids perdu entre 6 mois et 2 ans. Je n’appelle pas cela un succès. Disons que s’il s’agissait d’un médicament on s’empresserait de le retirer du marché. Ou du moins les patients iraient s’en plaindre auprès du leur médecin.

Mais c’est là le hic : les déçu-e-s ne se plaignent pas. Toutes ces personnes qui reprennent du poids ne se mobilisent pas, ne portent pas plainte pour publicité mensongère ou mise en danger de la santé d’autrui. Non. Elles culpabilisent. Les 2/3 des personnes en échec disent “échouer dans la phase de stabilisation” et ajoutent “C’est de ma faute, je n’ai pas réussi à faire la stabilisation”.

A mon avis, lorsqu’une méthode échoue pour 60% des pratiquants, c’est plutôt un problème de méthode. Non ?

PS : Des esprits chagrins se sont plaints que l’enquête sur le régime Dukan n’était pas assez scientifique. Jusqu’à présent, toutes les études scientifiques étudiant l’impact à long terme des régimes ont démontré un échec pour 95% des sujets. Sans doute l’enquête “non scientifique” a surestimé les résultats de ce régime piège…

Il y a pain d’épices et… Pain d’Epices!

A la recherche du meilleur ravitaillement possible, les sportifs sont à l’affût de toute nouveauté et les cyclistes, avec leurs entraînements de longue durée, sont de bons clients pour les marques qui se spécialisent en «aliments de l’effort».

La diététicienne en moi est à la recherche du produit le plus efficace pour ses patients. La cycliste (du dimanche) que je suis a testé de multiples barres, boissons, gels et autres poudres, parfois de perlimpinpin.

A la surprise de certains, je recommande souvent des aliments « normaux » – même pour des personnes d’exception. Ainsi, certaines poudres de protéines onéreuses peuvent être remplacées par des recettes «maison» ; certaines boissons de l’effort ne sont pas plus efficaces que du sirop correctement dosé agrémenté parfois d’un peu de sel, et les barres de marque peuvent être remplacées par certaines barres de céréales dont la composition est adéquate. Et puis, il y a le pain d’épices. Ceux qui me connaissent savent qu’il jouit d’un statut à part dans mon arsenal : riche en hydrates de carbone, pauvres en graisses, très digeste, pas trop sucré donc pas aussi écœurant que certaines barres de céréales, bon marché, il a en outre le grand avantage de ne pas s’émietter. Quiconque connaît la frustration de la barre de céréales qui se casse (évidemment on perd toujours le plus grand morceau) ou de la miette qui se loge dans la trachée en plein effort appréciera.

Je recommande donc joyeusement le bon vieux pain d’épices à mes clients. En Suisse, on le trouve en paquets bleus, avec un gros ours dessiné sur l’emballage. Il est bon, ce pain d’épices. Enfin, il était bon. Jusqu’au jour où un de mes patients m’en ramène d’un périple cycliste dans le sud de la France. Un pain d’épices artisanal, qu’on a envie de vouvoyer tant il est bon. Dense mais fondant. Riche mais digeste. Mielleux sans être écœurant. Le Pain d’Epices qui vous donne envie d’allonger la sortie à vélo, juste pour manger encore un peu… Remarquez, il est aussi délicieux pour le goûter. Et remplace parfaitement le pain tartiné d’une certaine pâte qui ressemble à du chocolat mais n’en est pas…

Pédaler sous les étoiles

Combiner la passion du vélo et une nuit blanche ne semble pas couler de source. Mais Damien le Vélosophe aime les défis, et à son instigation nous étions plus de quarante à nous élancer pour un Tour du Lac (Léman) nocturne hier soir. Les « Geneva Lake Riders », affublé-e-s de chasubles fluo, ont affronté les 167 km avec bonne humeur, quelques barres énergétiques dans les poches, les bidons remplis à ras-bord.

La nuit, les repères habituels s’estompent, la concentration est de mise pour éviter les obstacles impossibles à anticiper malgré nos loupiotes. Gare aux carences en vitamine A, indispensable à la vision ! Un manque d’apport transitoire ne porte heureusement pas à conséquence, puisqu’elle est stockée dans nos tissus, et que les aliments qui la contiennent* sont généralement consommés en quantité suffisante sous nos latitudes !

Comment se ravitailler la nuit ? Le système digestif obéit à une régulation chronobiologique, et en général le signal de faim tarde à apparaître pendant la nuit. Avec la fatigue en revanche, la tendance au grignotage augmente et les ravitos sont pris d’assaut. Des bananes, riches en hydrates de carbone et magnésium pour prévenir les crampes, des sandwichs au jambon pour l’apport en protéines nécessaires lors d’effort prolongé, du coca pour la caféine utile pour conserver une bonne vigilance, des tartelettes pour le plaisir, de l’eau pour remplir les bidons, difficile de faire mieux. Les buissons sont pris d’assaut également, mais je ne reviendrai pas sur l’élégance des cyclistes urinant au bord de la route (voir le post C’est du propre !). La digestion en plein effort n’est pas facile pour tout le monde. Les plus entraîné-e-s gèrent sans problème le mélange de nutriments envahissant leur système digestif à 2 heures du matin. Certain-e-s ont du mal, affamé-e-s mais pas en état de digérer confortablement, l’afflux sanguin s’étant concentré dans les muscles des jambes qui pistonnent tant et plus.

Au fil des kilomètres l’ambiance est plus calme, les bavardages animés ont cessé, on n’entend plus que quelques conversations murmurées, le chuintement des roues, le cliquetis d’un occasionnel changement de vitesse, la musique des roues libres (sauf pour les 3 courageux Fixies). Quasiment aucun véhicule à moteur, quelques fêtards qui nous acclament sur notre passage, et retour au calme. Retour à la nuit, avec une vue magnifique sur les lumières de l’autre côté du lac.

Pas le temps de s’endormir, cependant. Sur les derniers 15 km se forme un joli contre-la-montre par équipe, préambule à celui qui aura lieu dans quelques heures sur le Tour de France. On peut mesurer l’usure des organismes, les mieux ravitaillé-e-s auront encore de quoi alimenter en glycogène leurs muscles en feu. Le final sur les quais de Genève est fantastique, la route est à nous, la vitesse augmente encore, les cyclistes fatigué-e-s n’écoutent pas leurs muscles qui leur hurlent de cesser la torture, leur cœur affolé au bord de l’explosion. Les plus raisonnables ont levé le pied, les autres foncent jusqu’au bout, goût de sang dans la bouche, arrivée euphorique.

Le jour se lève face au Reposoir, The Place to Be ce matin (et quand vous voulez, en fait, on y mange très bien, parole de diététicienne gourmande !).

*Le lait, les œufs et le foie sont riches en vitamine A. Les carottes contiennent son précurseur, la provitamine A. Les carottes sont bonnes pour les yeux, c’est bien connu !

Ce choix qui n’a rien de libre

Dans un monde idéal, le « libre choix » est à la portée de chacun. Le libre choix, c’est lorsque les personnes qui aimeraient bien aller au travail à vélo n’y renoncent pas par crainte pour leur vie. Lorsque les consommateurs qui aimeraient prendre soin de leur santé n’en sont pas dissuadés par des prix prohibitifs. Lorsque les aliments les plus malsains ne sont pas systématiquement les moins chers. Lorsque l’information nutritionnelle n’est pas au service d’un plan marketing douteux. Parce qu’alors, le libre choix n’est une réalité que pour les plus riches, les mieux (in)formés et les moins vulnérables à la pub.

Afin d’ajuster les forces qui tiraillent les jeunes consommateurs lorsqu’il s’agit de choisir une collation, Catherine Roulet, députée verte au Grand Conseil vaudois, proposait, sur la base d’un argumentaire bien étayé, d’interdire les distributeurs de « junk food » dans les écoles. Résultat : tout le monde est d’accord pour dire que le problème est important, que le canton a pour priorité de lutter contre le surpoids, et que la corrélation entre consommation de boissons sucrées et obésité est irréfutable. Mais d’interdiction, point. Chacun reste libre de « choisir » des aliments obésogènes. Faut-il mentionner qu’il n’y a pas de réelle alternative à ce « choix », à part le jeûne ?

Le salut viendra-t-il de Selecta ? L’entreprise bien connue des consommateurs de snacks se lance dans l’offre d’un assortiment « fresh + fit ». Au-delà de l’argument de vente ciblant une clientèle soucieuse de sa ligne, c’est une petite révolution et la preuve qu’il est possible et réaliste de proposer autre chose que des sodas et des barres chocolatées. L’obstacle … c’est le prix. A quand une subvention pour des initiatives de ce type ? ça nous changerait des recommandations impossibles à mettre en œuvre, faute d’un vrai choix !

L’effort coupe-faim

Après un entraînement relativement intense, beaucoup de sportifs sont surpris de l’absence de sensation de faim. Cette anorexie passagère a été caractérisée dans plusieurs études scientifiques et s’explique probablement par le fait que certaines hormones impliquées dans les phénomènes de faim et de satiété sont affectées par l’exercice physique. En particulier, la concentration plasmatique de PYY* (une hormone au puissant effet coupe-faim) est particulièrement élevée après un effort en aérobie, tout comme les concentrations de GLP-1* et de PP*. En revanche, les taux de ghreline (l’hormone qui donne faim) diminueraient dans l’heure qui suit un exercice physique.

Tous les sportifs ne sont cependant par égaux devant cette sensation de satiété procurée par l’exercice. En particulier, il semble que les sportiVES présentent un certain nombre de mécanismes d’adaptation : une étude** a montré qu’après 4 jours d’entraînement induisant un déficit énergétique, les organismes des femmes étaient capables de compenser le déséquilibre : les femmes synthétisaient plus de ghreline que les hommes, et présentaient des taux d’insuline (qui stimule la sensation de satiété) moins élevés.

Il se pourrait que ceci explique que l’exercice physique semble plus efficace dans la lutte contre l’excès de masse grasse chez les hommes que chez les femmes. Malgré tout, d’une manière générale, les athlètes ajustent leurs apports énergétiques à leurs dépenses, quitte a fractionner leur alimentation lorsque le volume de nourriture devient trop important. L’organisme humain est ainsi fait qu’un déficit énergétique sera suivi, à un moment ou un autre, par une puissante sensation de faim. Les individus qui aimeraient profiter de « l’effort coupe-faim » pour perdre du poids font bien de se ravitailler correctement durant et après l’effort, afin de ne pas se réveiller en pleine nuit avec une fringale !

* PYY = Peptide YY; GLP-1 = Glucagon-like peptide 1; PP = Pancreatic polypeptide

**Hagobian et Braun : Physical activity and hormonal regulation of appetite : sex differences and weight control. Exerc Sport Sci Rev 2010;38:25-30

A lire aussi : D. Stensel: Exercice, appetite and appetite-regulation hormones : implications for food intake and weight control. Annals of Nutrition & Metabolism 2010;57:S36-S42.

Du sucre en liquide

Il y a bien des années, j’avais emmené le fils de mes amis B & B au cinéma. Il devait avoir 7 ans à l’époque et Tarzan était son premier « vrai » film. A l’entracte, déterminée à faire de cette sortie une vraie fête, je lui ai laissé choisir ce qu’il voulait. A ma grande surprise d’alors, il a demandé de l’eau.
Je ne sais pas ce qu’il choisirait aujourd’hui qu’il est adolescent, tant le précieux liquide a été détrôné par les boissons sucrées et les jus de fruits. Aux Etats-Unis en particulier, la consommation de sodas et jus de fruits a augmenté de manière importante depuis la fin des années ’90, pour atteindre près de 15% de l’apport énergétique total quotidien. De nombreuses études ont montré une corrélation entre boissons sucrées et obésité, tant chez les adultes que les enfants*.
Les enfants, cibles privilégiées des fabricants des boissons sucrées (c’est « fun ») ou de jus de fruits (c’est « sain » et ça rassure les parents), régulent en général assez bien leurs apports énergétiques selon leur sensation de faim. Lorsqu’ils sont rassasiés, ils cessent de manger. Hélas pour eux, les calories apportées sous forme liquide sont mal « comptabilisées » par leur organisme, et ne contribuent pour ainsi dire pas à la sensation de satiété. Le verre de soda ou de jus de fruits à 85 kcal (pour 2 dl) passe quasi inaperçu dans la neurobiologie complexe qui régit la faim et la satiété. Alors qu’il ne viendrait pas l’idée à quiconque de manger 7 à 9 morceaux de sucre en une fois, c’est bien ce qui se passe lorsqu’on avale le contenu d’une canette de boisson sucrée !
« Jus et Sodas, ce n’est pas pareil » me rétorque-t-on parfois. C’est vrai, ce n’est pas tout à fait pareil. Les jus apportent un peu de fibres et de vitamine C, sans doute quelques nutriments introuvables dans les sodas, et le type de sucre n’est pas le même (fructose, saccharose ou HFCS pour High fructose corn sirup). Mais il faut être conscient qu’un dl de jus apporte environ 10g de glucides, autant que n’importe quel soda. Même lorsqu’il s’agit de « pur jus sans sucre ajouté ». Bref, du sucre liquide qui se transforme en or en barre pour les firmes agroalimentaires.
Faut-il pour autant bannir les jus de fruits ou les boissons sucrées ? Certainement pas. Mais ne nous leurrons pas : boire un jus n’a pas le même impact sur la santé que croquer une pomme. Adoptons la sagesse de notre jeune cinéphile : privilégions l’eau pour nous désaltérer.
*Par exemple : Vartanian LR et al. Effects of soft drink consumption on nutrition and health: a systematic review and meta-analysis. Am J Public Health 2007;97:667-75.

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