Accident de ravito à Hawaï

En-dessous d’une heure, voire d’une heure et demie, la réflexion concernant le ravitaillement durant la course n’a pas beaucoup d’intérêt. Au-delà, il s’agit d’un élément qui a une grande influence sur le résultat et un « accident de ravito » peut coûter très cher. Ce n’est pas JC qui me contredira, lui qui “s’est raté” aux Championnats du monde d’Ironman à Hawaï avec un déficit glucidique important!

Sans entrer dans le détail de la physiologie de l’effort, rappelons que le carburant principal permettant à un muscle de générer un travail intense est le glucose. Les aliments le véhiculent sous différentes formes, amidon, saccarose, fructose, lactose, maltodextrine ou sirop de glucose, peu importe ; l’organisme le transforme et le transporte facilement et c’est tant mieux, car les réserves de glucose à bord d’un corps humain sont assez limitées. C’est la raison pour laquelle il est recommandé de consommer entre 0,5 et 0,7 grammes de glucides par kilo de poids et par heure d’effort. Au-delà, le corps n’assimile pas. En-deçà, il est en déficit. Pour préparer son ravito et savoir le nombre de barres énergétiques ou de gels qu’il faut consommer par heure de course il « suffit » donc d’appliquer la bonne vieille « règle de trois ».

Parmi la pléthore de produits sur le marché, si l’on considère la seule information importante du point de vue de l’effort à venir, à savoir la teneur en glucides, force est de constater que la plupart des barres prévues pour l’effort contiennent en moyenne 30 à 40 grammes de glucides à l’unité. Mais attention aux cas extrêmes ! Une Mulebar® apporte 42 grammes de glucides, alors qu’une barre de Punchpower® ou d’Overstims® en contient moins de le moitié, soit autant qu’une barre de céréales banale de type Farmer®. Cela ne signifie pas que l’une vaut mieux que l’autre, simplement qu’il faudra ajuster la quantité à consommer. Sur une course de plus de 5 heures, le nombre d’aliments à transporter, déballer et manger peut être un déterminant de choix important. Mais le goût et la tolérance digestive le sont tout autant, ainsi que le prix: pour les gels glucidiques par exemple, très concentrés et faciles à transporter, le prix aux 100 grammes va du simple au quintuple !

Mais au delà du calcul des glucides et du comptage des barres et des gels, il reste le facteur imprévisible. A Hawaï cette année, c’était la température, de plusieurs degrés plus élevée que prévu (39°C et plus de 50°C au sol). Non seulement cela nécessitait un ajustement de l’apport hydrique (et de son osmolarité, mais ça c’est une autre histoire), mais cela augmentait considérablement la dépense énergétique !

JC avait prévu environ 50 grammes de glucides par heure, alors qu’a posteriori, il analyse ses besoins à près de 70 grammes par heure ainsi que des apports sodiques encore plus importants que d’habitude. Jusqu’à la fin du parcours cycliste, le déficit n’a pas porté à conséquence. Durant le marathon en revanche, « J’ai pris cher » dit-il. « C’était comme une batterie qui se décharge. Tu ne peux pas inverser le processus, tu tapes dans les réserves et tu n’arrives pas à compenser avec le ravitaillement ». Dans un cas comme celui-ci, un organisme très bien entraîné peut faire face en ralentissant (et permettre ainsi une utilisation accrue des lipides comme carburant), en faisant appel à la néoglucogenèse (la fabrication de sucre à partir de nos muscles) et surtout en mobilisant toute la force mentale pour lutter contre le désir de s’arrêter. JC ne s’est pas arrêté, mais il a fait un marathon de 20’ plus lent que d’habitude (3h30’ quand même, nombreux sont les marathoniens qui s’inclinent devant un tel chrono). « Vu les conditions de chaleur, 10’ de plus auraient été normales. L’avantage est qu’au niveau musculaire j’ai récupéré relativement vite ! »

Une contre-performance toute relative, donc, mais qui illustre bien que même au plus haut niveau, même avec une grande expérience, les accidents de ravito peuvent arriver.

Grand merci à Noémi Schmutz, diététicienne diplômée HES, pour le calcul nutritionnel de dizaine de barres et de gels et à JC pour le partage de son expérience!

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C’est un scoop, ça?

Une étude récente montre que, bien plus que l’alimentation, c’est le manque d’activité physique qui explique l’augmentation continue de la prévalence d’obésité aux Etats-Unis.
Je vous vois venir… « C’est pas un scoop, on sait déjà » pensez-vous sûrement. Ou « Et alors, c’est les Etats-Unis, c’est NORMAL, c’est pas comme ici ».
Oui, on sait déjà. Et oui, il s’agit des Etats-Unis. Mais c’est QUAND MEME important.
C’est important, parce que l’étude en question s’est concentrée sur des données des 20 dernières années. Des données que nous sommes incapables de produire en Suisse pour le moment. Il s’agit d’une enquête qui évalue de manière continue l’alimentation, l’activité physique et des mesures telles que le poids et la taille d’échantillons représentatifs de la population américaine. Pour celles et ceux que ça intéresse, l’étude s’appelle NHANES, et produit des tonnes d’informations passionnantes, accessibles ici.
En analysant ces données, les chercheur-euse-s se sont aperçu-e-s que l’apport énergétique (les calories consommées en moyenne par les participant-e-s à l’étude) n’avait pas changé de manière significative. En revanche, l’activité physique oui. Et l’excès de poids aussi.
En particulier, la sédentarité, qui concernait 19% des femmes en 1994, avait augmenté de plus de 170%, et touchait près de 52% de femmes en 2010 ! Les hommes sédentaires étaient environ 11% en 1994 et plus de 43% en 2010. Durant cette période, l’indice de masse corporelle (un indicateur de corpulence) avait augmenté de manière dramatique, particulièrement chez les femmes de 18 à 39 ans.
La méthode et les résultats de cette étude ont paru dans le prestigieux « American Journal of Medicine ». Son éditrice, Pamela Powers Hannley appelle à l’action immédiate. On ne peut que être d’accord. Hélas elle atténue la puissance de son message en prônant que ” les communautés pourvoient à des lieux permettant de pratiquer de l’activité physique en sécurité”.

Bof.

Personnellement, j’ai une super recette à vous proposer.
Je propose qu’on augmente drastiquement (mais alors drastiquement hein) le prix de l’essence. Ça, on sait que ça marche. Le seul moment où l’activité physique a réellement augmenté (et le surpoids diminué) aux Etats-Unis, c’était pendant la crise pétrolière. On n’a pas de mesures en Suisse, mais je suis certaine que la même tendance s’observerait ici. Cette histoire (et plein d’autres) sont racontées de manière absolument passionnante dans un petit bouquin que je vous recommande: The Energy Glut, de Ian Roberts et Phil Edwards. Le jour où on ne sera plus terrifiés de se rendre (ou d’envoyer nos mômes) à pied ou à vélo sur une route pour l’instant accaparée par des véhicules motorisés et dangereux, il n’y aura plus besoin d’imaginer des trucs fumeux du genre “La semaine européenne du sport” .

L’activité physique ferait juste partie de nos vies, comme il se doit, et ne nous mettra plus en danger de mort.

Autisme et régime « sans gluten sans caséine »

Quiconque a entendu parler de l’autisme ou connaît une famille touchée par cette maladie comprendra le désir puissant de trouver un remède, un régime qui puisse atténuer les symptômes. C’est sur cette vague que surfe le régime SGSC « sans gluten1 sans caséine2 », qui est promu comme un traitement à l’autisme. Ce n’est pas le seul : aux Etats-Unis, 30 à 95% des sujets suivent des traitements « sauvages » qui n’ont jamais été évalués.

Suite à des cas de malnutrition grave observés par des pédiatres, l’AFSSA3 a été saisie pour mener l’enquête concernant son rapport bénéfice/risque. Prof. Jean-Louis Bresson, de l’hôpital Necker à Paris y a participé et j’ai eu la chance de l’entendre à ce sujet l’an dernier.

Le principal problème rencontré par les experts est la pauvreté méthodologique affligeante des études effectuées : parmi les 10 publications évaluant l’impact du régime SGSC identifiées par l’AFSSA, 5 provenaient du même groupe, et seulement une avait appliqué un protocole avec un groupe contrôle en double insu. C’est à dire que seule une étude permettait une comparaison entre les résultats d’un groupe d’enfants suivant le régime avec ceux d’un groupe n’en suivant pas. C’est un peu comme de donner un bonbon à en enfant qui a mal à la tête, de lui demander s’il va mieux et de décréter, suite à sa réponse positive, que les bonbons soignent le mal de tête. Les résultats de cette étude, la seule, permettant d’évaluer l’impact du régime SGSC ont montré un important « effet placebo ». C’est-à-dire que les enfants des deux groupes, à partir du moment où ils consommaient un régime « différent », destiné à traiter les symptômes de l’autisme, allaient mieux.

Voilà pour l’efficacité : il n’y en a pas de démontrée.

Voyons maintenant l’innocuité.

L’AFSSA a comparé les effets secondaires de l’alimentation spontanée des enfants souffrant d’autisme avec ceux du régime SGSC. Bien que l’alimentation spontanée des autistes soit particulière, selon la couleur et la texture des aliments, aucune altération staturo-pondérale n’est observée.

Pour les effets du régime SGSC, un manque important de calcium, de folates et de vitamine B6 est à déplorer. Enfin, la masse musculaire est réduite et le risque de dénutrition ne peut être exclu. En outre, un tel régime, complexe, augmente l’exclusion, favorise les troubles de la socialisation et du comportement.

On ne peut donc affirmer que ce régime est sans risque.

La théorie sous jacente à ce régime a cependant une logique apparente : ce sont les peptides (petites protéines) opiacés issus de la digestion de la caséine et du gluten qui génèreraient des troubles du cerveau. Et la présence des ces peptides opiacés dans les urines seraient la preuve de leur existence. Il est vrai que la caséine (la beta-caséine) contient un dérivé opioïde (la beta-casomorphine), libéré lors de la digestion. Idem pour le gluten (les beta-gluteomorphines). Mais les peptides opioïdes sont générés par de multiples aliments, y compris le riz. L’exclusion des peptides opioïdes est impossible, car ils sont partout ! La théorie des promoteurs du régime SGSC commence à vaciller…

D’autres faits viennent ébranler la pseudo-logique sous-jacente au régime SGSC : les peptides alimentaires n’ont pas d’effet pharmacologique. Leur traversée de la barrière intestinale est très peu probable et un effet central, sur le cerveau, est quasi impossible. Enfin, la fameuse « preuve » urinaire ne tient pas, pour la simple raison que les techniques utilisées ne permettent pas de montrer quels peptides sont mesurés ! Des techniques très avancées ont permis de montrer qu’il n’y a pas de peptides opioïdes dans l’urine.

Hélas, pas encore de traitement diététique de l’autisme à l’horizon…

1 Protéine qui se trouve dans le blé, le seigle, l’avoine et l’orge

2 Protéine qui se trouve principalement dans le lait

3 Agence française de sécurité sanitaire des aliments

 

Les kilos et la mort

Les médias donnent un large écho à une analyse compilant les résultats de 97 études sur le lien entre la corpulence et la mortalité1. Une des conclusions est que le surpoids est associé à une réduction du risque de mortalité et qu’une obésité « modérée » n’augmente pas le risque de mortalité.

Une première explication est que la catégorisation de la corpulence (le fameux Body Mass Index) doit être revue et corrigée. Nos collègues lausannois l’avaient déjà suggéré, en lien avec le risque cardio-vasculaire2.

Une deuxième explication (qui n’exclut pas la première) est que des tas de gens minces vivent de manière très dangereuse, fument, boivent, roulent trop vite en voiture, vivent dans une région très polluée, suivent des régimes amaigrissants déséquilibrés qui les fragilisent (ou peut-être même les dépriment jusqu’à les pousser au suicide ?). Bref.
Et, à l’inverse, beaucoup de personnes en surpoids vivent très sainement, font de l’activité physique régulièrement, mangent beaucoup, de tout, et couvrent ainsi parfaitement leurs besoins nutritionnels.

Je me suis demandée ce que les gens (vous, vos voisins, vos parents, vos collègues, les gens, quoi) se sont dit en lisant ce pseudo-scoop: « Super, je vais prendre du poids, cela ne va pas augmenter mon risque de mortalité » ou « Moi, je préfère rester mince, même si je dois mourir un peu plus jeune » ? Je me suis demandée aussi pourquoi c’est cette info-là qui a été reprise partout dans les médias (et pas celle concernant la consommation de graisses saturée et l’infertilité masculine, par exemple3), sachant que le lien que les gens entretiennent avec leur corpulence n’a pas grand-chose à voir avec leur risque de mortalité.

En vérité, les journalistes ont fourni des munitions pour lutter contre la stigmatisation dont font l’objet des personnes en surpoids : au fond, pour que ces chiffres soient utiles à la population, il faudrait les brandir à chaque fois qu’une compagnie d’assurance refuse une complémentaire à une personne en surpoids, à chaque fois qu’un job est donné aux candidat-e-s les plus mince, à chaque fois qu’un médecin félicite ses patient-e-s d’avoir maigri alors que la dénutrition démolit leur santé.

(Et pendant ce temps, en Syrie, le carnage continue et les gens meurent indépendamment de leur corpulence.)

Oui je sais, ça n’a rien à voir. Bonne année quand même, les Gens!

1Katherine M. Flegal et al. Association of all-cause mortality with overweight and obesity using standard body mass index categories. A systematic review and meta-analysis. JAMA. 2013;309:71-82.

2 Wietlisbach et al. The relation of body mass index and abdominal adiposity with dyslipidemia in 27 general populations of the WHO MONICA Project. Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2011 Dec 30.

3Tina K Jensen et al. High dietary intake of saturated fat is associated with reduced semen quality among 701 young Danish men from the general population. Am J Clin Nutr. 2012 Dec 26.

Ne “sur-compensez” pas l’activité physique!

Parmi mes posts, « L’effort coupe-faim » est un devenu un vrai hit parmi les sportif-ve-s. Une étude récente est venue confirmer que ce phénomène est également présent chez les non-sportifs en excès de poids.

Frédéric n’avait pas besoin d’une étude pour s’en rendre compte. En lutte avec son poids depuis des années, il a introduit progressivement des séances de fitness dans son mode de vie. Un parcours « cardio » d’une heure, 3 fois par semaine. Il est confiant dans la persistance de son effort, la salle se trouve dans le même immeuble que son bureau ! Lors de notre dernière entrevue, il me faisait part, tout surpris, de l’absence de faim, alors qu’en toute logique il s’attendait plutôt à une augmentation spontanée de ses portions.

Et c’est bien là que réside le danger lors d’augmentation de l’activité physique, en particulier pour celles et ceux qui bougent pour perdre du poids ; la déception risque d’être grande s’ils (ré)compensent leur effort par une collation ou un dessert supplémentaire… Ceci pourrait expliquer, en partie du moins, la résistance à la perte de poids, même en cas d’activité physique persistante. La plupart des études qui se sont intéressées à la question montrent une faible corrélation entre la faim et la réelle consommation alimentaire. Nous le savons bien : nous servons nos portions par habitude, avons tendance à finir notre assiette et lorsque nous mangeons à l’extérieur notre portion est identique à celle des autres, indépendamment de nos besoins.

Le remède pour les personnes en excès de poids? Après le sport, éviter les récompenses alimentaires, et rester connecté à son estomac. La récompense des nouveaux actifs, c’est d’être sous l’influence des hormones coupe-faim grâce à l’exercice en aérobie, et d’ainsi mieux ressentir la sensation de satiété.

Guelfi KJ. Metabolism 2012. Beneficial effects of 12 weeks of aerobic compared with resistance exercise training on perceived appetite in previously sedentary overweight and obese men.

Des nounours sur la ligne de départ

Lorsque mes pratiques de cycliste amatrice rejoignent celles des pros, je me sens étrangement fière, un peu comme si cela me rapprochait de ce monde de guerrier-ère-s. A fortiori lorsqu’il s’agit d’une habitude intime, quasi honteuse, et en ce qui me concerne très régressive.

Je veux parler des nounours. Ceux de la ligne de départ. Pas les ours en peluche qui nous protègent des monstres lorsque nous sommes petits. Ceux dont je veux parler sont en gomme, et mastiquer leur texture caoutchouteuse contribue à la concentration avant un départ de course. En prime, ils permettent de remplacer le sucre puisé dans nos réservoirs musculaires pendant l’échauffement.

Ce que nous sommes peu nombreux-ses à savoir, c’est que le nounours est un pionnier du ravitaillement sportif ! Dans les années 1920, après avoir constaté que les concentrations de glucose musculaire étaient très faibles après un marathon*, des chercheurs recommandèrent aux participants du Marathon de Boston de 1924 de consommer des glucides durant la course. Et les glucides étaient véhiculés par… des bonbons ! Bien que la méthodologie de l’époque ne passerait pas la rampe aujourd’hui, ce travail a posé les fondements du ravitaillement en hydrates de carbone durant l’effort pour améliorer la performance.

On est loin des gels high-tech, dont la composition tient compte de la capacité d’absorption de l’organisme ; mais qui n’offrent aucun réconfort psychologique au moment de prendre le départ. Au contraire des petits nounours…

* Levine et al. JAMA 1924, 82 :1778-9

Boissons de ravito: avaler, ou pas ?

Le sucre est un dopant naturel (et pour l’instant légal) et son pouvoir sur le cerveau fait régulièrement le thème d’articles scientifiques ou de vulgarisation. L’info n’est pas nouvelle mais l’histoire mérite d’être racontée (et Asker Jeukendrup, le principal instigateur des études à ce sujet, le fait avec excellence sur le site de Peak Performance).

La plupart des sportifs appliquent la recommandation de consommation de 60 g d’hydrates de carbone par heure d’effort (on peut grimper à 90g/heure lors de très longues durées, à condition de varier les sources). Ceci permet de prévenir l’hypoglycémie et de maintenir des taux élevés d’oxydation. Autrement dit, de remplacer le carburant utilisé par les muscles tout en encourageant l’organisme à tourner à plein régime.

Aussi, lorsque des chercheurs mirent en évidence qu’un apport de sucre avait un impact favorable même lors d’un exercice bref (un contre-la-montre de 40 km sur vélo ergométrique), ils sont restés perplexes1. L’explication n’était pas à chercher du côté de l’hypoglycémie, puisque l’organisme n’aurait pas le temps d’absorber, de transporter et d’utiliser les sucres consommés avant la fin de l’effort. Pour en avoir le cœur net, des cyclistes ont été perfusés pendant l’effort : la moitié d’entre eux avec une solution sucrée, les autres avec un placebo (solution saline)2. Malgré une grande différence de concentration de sucre dans le muscle, la performance était identique dans les 2 groupes ! Ce n’était donc pas une question de carburant.

Si vous avez déjà été au bord de l’épuisement et observé l’effet instantané de la consommation d’un produit sucré (bien avant qu’il soit digéré) vous savez que l’explication est à rechercher dans le cerveau.

Nouvelle étude avec des cyclistes prêts à se faire mal sur 40 km virtuels (les besoins du protocole imposent toujours le vélo ergométrique). Cette fois, il leur est demandé de se rincer la bouche durant 5 secondes avec une solution sucrée, sans en avaler une seule goutte, et de la recracher. La subtilité était l’utilisation d’une maltodextrine sans goût sucré. Eureka : ceux qui s’étaient rincé la bouche avec la solution de maltodextrine gagnaient une minute par rapport à ceux qui s’étaient rincés la bouche à l’eau3. La seule présence de molécules d’hydrates de carbone dans la bouche serait donc suffisante pour réduire la perception de l’effort au niveau du cerveau.

La confirmation de cette hypothèse est arrivée avec une étude scannant le cerveau de sujets en train d’avaler ou non une solution sucrée4. La présence en bouche de molécules d’hydrates de carbone (avec ou sans goût sucré) suffisait à activer certaines zones du cerveau liées au plaisir et au contrôle moteur. Le cerveau semble anticiper l’arrivée de carburant dès que celui-ci pénètre dans la bouche. En revanche, un liquide au goût sucré mais édulcoré de manière artificielle  n’a aucun effet.

En conclusion, pour un effort d’environ 30 minutes… ce n’est même pas la peine d’avaler !

1 Jeukendrup et al. Int J Sports med 1997;18:125-9.

2 Carter et al. Med Sci Sports Exerc 2004;36:1543-50.

3 Carter et al. Med Sci Sports Exerc 2004;36:2107-11.

4 Chambers et al. J Physiol 2009;587:1779-94.

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