Archive pour décembre 2012

La vaisselle peut attendre

Le vélo est un sport de mecs. On me le dit sans arrêt. Et je l’ai constaté une fois de plus aujourd’hui. J’ai croisé une dizaine de cyclistes, dont une femme. Sur les cyclosportives, je ne crois pas me tromper en estimant un petit 10% de participantes. Quant au cyclisme pro féminin, je me contenterai de citer Evelyn Stevens (team Specialized-Lululemon), « dans le domaine du vélo, on est encore en 1978 » ; elle vient de Wall-Street, pourtant pas particulièrement women-friendly, mais à ses yeux, le vélo, c’est pire !

Le vélo serait trop dur ? Je ne crois pas. Regardez en course à pied, les femmes sont nombreuses jusque dans les pelotons amateurs, et performent super bien (et c’est dur aussi).
Le vélo serait trop technique ? Je ne crois pas. Le nombre de cyclistes mâles qui savent à peine changer une chambre à air démontre qu’il n’y a aucun lien entre les compétences mécaniques et la capacité à performer sur un vélo.

Je crois que la réponse est plutôt à chercher dans le temps. Le temps, denrée limitée s’il en est, et nécessaire en grandes quantités si l’on veut maintenir un niveau correct en cyclisme. Ce que nous disent les statistiques genevoises, c’est que les femmes passent, en moyenne, 26 heures par semaine à s’occuper du ménage (juste le ménage, pas les enfants). Les hommes,  15 heures (42% de moins). J’en déduis que les femmes parviennent à caser un petit jogging de 30 minutes dans leurs journées, mais pas 2 heures de vélo.

Peut-être préfèrent-elles faire la vaisselle que du vélo ? Les statistiques n’ont pas de réponse à cela. Mais… je ne crois pas. Du moins, les patientes qui viennent me voir pour perdre du poids « aimeraient bien mais ne peuvent pas ». J’ai une bonne nouvelle pour elles : j’ai essayé, on peut. On peut laisser la vaisselle dans l’évier quand il fait beau et aller pédaler. Ou marcher. Ou faire du yoga, du pilates, de la natation ou du fitness. On peut laisser le désordre dans le salon et les lits pas faits, ce n’est pas une contre-indication pour faire du sport. Pas d’émeute, pas de guerre, pas de destruction massive, pas de famine, pas de conséquence grave à faire attendre la vaisselle pour bouger son corps. Juste beaucoup de bien-être et une bonne santé.

C’est tout ce que je leur souhaite pour 2013. Moins de ménage, plus de sport.

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Vous prendrez bien une petite récompense ?

Parmi mes posts, « L’effort coupe-faim » est un devenu un vrai hit parmi les sportif-ve-s. Une étude récente est venue confirmer que ce phénomène est également présent chez les non-sportifs en excès de poids.

Frédéric n’avait pas besoin d’une étude pour s’en rendre compte. En lutte avec son poids depuis des années, il a introduit progressivement des séances de fitness dans son mode de vie. Un parcours « cardio » d’une heure, 3 fois par semaine. Il est confiant dans la persistance de son effort, la salle se trouve dans le même immeuble que son bureau ! Lors de notre dernière entrevue, il me faisait part, tout surpris, de l’absence de faim, alors qu’en toute logique il s’attendait plutôt à une augmentation spontanée de ses portions.

Et c’est bien là que réside le danger lors d’augmentation de l’activité physique, en particulier pour celles et ceux qui bougent pour perdre du poids ; la déception risque d’être grande s’ils (ré)compensent leur effort par une collation ou un dessert supplémentaire… Ceci pourrait expliquer, en partie du moins, la résistance à la perte de poids, même en cas d’activité physique persistante. La plupart des études qui se sont intéressées à la question montrent une faible corrélation entre la faim et la réelle consommation alimentaire. Nous le savons bien : nous servons nos portions par habitude, avons tendance à finir notre assiette et lorsque nous mangeons à l’extérieur notre portion est identique à celle des autres, indépendamment de nos besoins.

Le remède pour les personnes en excès de poids? Après le sport, éviter les récompenses alimentaires, et rester connecté à son estomac. La récompense des nouveaux actifs, c’est d’être sous l’influence des hormones coupe-faim grâce à l’exercice en aérobie, et d’ainsi mieux ressentir la sensation de satiété.

Guelfi KJ. Metabolism 2012. Beneficial effects of 12 weeks of aerobic compared with resistance exercise training on perceived appetite in previously sedentary overweight and obese men.

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