Archive pour avril 2012

Dormir, c’est (sur)vivre !

Les cyclistes amateurs, des débutant-e-s aux expert-e-s, dissertent des heures sur leur entraînement ; il s’agit de dénombrer les heures passées sur la selle ou en salle de sport ; scruter les watts développés et les kilomètres parcourus ; disséquer l’intensité et le type d’effort de leurs séances. Mais peu sont enclin-e-s à parler de leur récupération. En fait, une idée communément admise est qu’en dessous de 20 heures d’entraînement par semaine, nous serions à l’abri du surentraînement. Que seul-e-s les professionnel-le-s, qui s’infligent des charges et des intensités d’entraînement apparemment surhumaines, courent ce risque.

Alors que nous autres qui jonglons avec de multiples vies sommes justement particulièrement guetté-e-s par ce trouble qui affecte gravement la santé et la performance. Jeukendrup, chercheur dans le domaine de la nutrition sportive, a beaucoup écrit sur la question. Il rappelle que les facteurs de risque du « surentraînement » ne sont souvent pas en lien avec l’entraînement : apports énergétiques insuffisants, consommation d’hydrates de carbone inadéquate, déshydratation, alimentation déséquilibrée, chaleur, décalage horaire, (petites) infections, monotonie dans l’entraînement, et stress !

En lisant cette liste, je pense à mes potes d’entraînement qui travaillent souvent de nuit, aux personnes qui jonglent avec boulot, famille, amis et sport, à celles qui mangent au vol, ou au restaurant, à celles qui se retrouvent devant le frigo vide parce qu’entre faire les courses et s’entraîner le choix est vite fait… à la grande majorité des sportif-ve-s, donc !

« Dormir, c’est mourir un peu » est une citation (de qui ? je ne sais plus)  imprimée dans bien des têtes. En voilà une bêtise ! Dormons joyeusement, récupérons de nos vies à grande vitesse, réhabilitons la sieste et intégrons les heures d’oreiller dans nos plans d’entraînement !

PS Pour plus de lecture sur l’impact du sommeil (ou de son manque) sur la performance, je recommande les 3 derniers numéros de Sport et vie, en particulier le N°130.

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Tou.te.s végétarien.ne.s demain ?

Plus de doute, la consommation de viande rouge est très clairement associée à une augmentation de la mortalité. Devenons végétarien-ne-s, conclut Dean Ornish dans son éditorial1 qui accompagne la publication d’une gigantesque étude à ce sujet2. Des résultats corroborés par EPIC, une grande enquête européenne sur l’alimentation et les maladies chroniques3.

Manger moins de viande rouge réduirait donc la mortalité. Mais surtout, manger plus de légumineuses, d’oléagineux, de céréales complètes, de poisson et de volaille a le même effet. Il ne s’agit donc pas d’exclure, mais de remplacer certains aliments par d’autres.

Ornish rappelle également que la « culture » de la viande génère énormément de gaz à effet de serre (plus que les transports selon sa source4), que les troupeaux occupent un tiers des terres de la planète et que 70% de la forêt amazonienne a été transformée en pâturages. Une part importante des céréales cultivées (40% de la production mondiale, selon Ornish) est utilisée pour nourrir les animaux qui finiront dans notre assiette, ça fait beaucoup de ressources (l’équivalent de 43’000 litres d’eau par kilo de viande) alors que la moitié de la population mondiale est malnutrie.

Le temps des vaches sacrées semble donc bien révolu, si ce n’est que la viande procure aussi du plaisir… Une raison suffisante pour promouvoir le végétarisme… à temps partiel !

1 Ornish. Arch Intern Med. 2012;172(7):563-564.
2 Pan et al. Arch Intern Med. 2012;172(7):555-563.
3 Ford et al. Arch Intern Med. 2009;169(15):1355-1362.
4 Steinfeld et al. Food and agriculture organization of the United Nations. 2006.

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