Archive pour novembre 2010

Le lait: enfer ou paradis ?

Mon voisin Alexis se trouve être « allergique au lait ». J’en rencontre souvent, des « allergiques au lait ». Sûrement que ma profession favorise ce genre de confidences… Ma profession me transforme également en cible publicitaire de l’Union des producteurs de lait. Régulièrement, je reçois des brochures en papier glacé vantant les mérites du lait ; peut-être avec le but que je les transmette aux gens comme Alexis, pour les convaincre de boire du lait ?

Le lait est riche en calcium et en vitamine D. Il est une bonne source de protéines et de potassium. De nombreuses études ont montré que la consommation de lait était associée à la réduction du risque d’ostéoporose, de cancer du colon et de syndrome métabolique1. C’est la raison pour laquelle les recommandations de santé publique préconisent une consommation de 3 produits laitiers par jour.

MAIS. Il y a un mais, bien sûr. De nombreuses personnes sont intolérantes au lactose, le sucre du lait. Boire du lait provoque chez elles un inconfort digestif, voire des douleurs ou des diarrhées. Et puis, il y a les gens qui n’aiment pas ça, le lait. Ou qui sont convaincus que le lait, c’est bon pour les bébés et les petits enfants. Ou encore, ils ont lu que le lait provoque toutes sortes de maladies, y compris le diabète, l’arthrose, la décalcification osseuse, voire la dépression.

Je ne connais aucune étude sérieuse démontrant que la consommation de lait augmente la morbidité. L’inverse, oui. En d’autres termes, les buveurs et buveuses de lait en bonne santé sont bien trop nombreux pour qu’on puisse raisonnablement affirmer que le lait est toxique.

Mais je ne crois pas que chacun doive absolument boire du lait pour rester en bonne santé. Les nutriments présents dans le lait se trouvent aussi dans d’autres aliments. Je ne vais donc pas chercher à convaincre Alexis et ses semblables de boire du lait. Mais je leur recommande de veiller très sérieusement à couvrir leurs besoins en calcium et en vitamine D par d’autres sources.

1 Le syndrome métabolique est une constellation de pathologies (diabète, obésité abdominale, hypercholestérolémie et hypertension) qui augmente le risque cardio-vasculaire.

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Dormir pour maigrir

Si vous souhaitez perdre du poids, protégez vos nuits de sommeil ! Eh oui, en plus d’une alimentation optimale et une activité physique suffisante, le sommeil semble bien être un facteur facilitant la perte de poids. Ou plutôt, le manque de sommeil sabote la perte de poids.
La nouvelle n’est pas si nouvelle. Plusieurs études, menées chez des personnes obèses cherchant à maigrir, avaient déjà mis en évidence que celles qui perdaient le plus de poids dormaient plus que les autres. Une explication biologique était même venu étayer ce qui aurait pu n’être qu’une coïncidence : la leptine, hormone coupe-faim, est sécrétée en abondance durant le sommeil nocturne, alors que la grehline, l’hormone qui donne faim, est présente en plus grande quantité chez les petits-dormeurs (< 6 heures par nuit).
Le scepticisme étant une des caractéristiques des scientifiques, il fallait confirmer ces observations par un « essai clinique randomisé ». Un petit échantillon de personnes en excès pondéral a été soumis tour à tour à 2 conditions : 8.5 heures de sommeil, ou 5.5 heures de sommeil. L’apport calorique était contrôlé et une batterie de mesures biologiques effectuée. Je vous passe les détails, explicités dans la publication originale parue dans les «Annals of internal medicine »*, mais je vous livre les principaux résultats : lors de restriction de sommeil les sujets perdaient moins de masse grasse que lorqu’on les laissait dormir 8.5 heures. Pire, ils perdaient relativivement plus de masse musculaire: 60% de perte de masse musculaire de plus. Lors d’une restriction calorique, leur organisme réagissait aux nuits plus courtes en adaptant ses sécrétions hormonales : les sujets souffraient plus de la faim et brûlaient moins de graisse.
Cette étude, bien que de petite taille et de courte durée, ne prouve rien à elle seule. Mais elle complète les études antérieures, et confirme que pour perdre du poids, c’est tout le mode de vie qui entre en jeu. Inutile cependant de passer sa journée au lit : aucune étude n’a montré l’efficacité d’un sommeil de plus de 8.5 heures par nuit…

*Nedeltcheva A.V. et al. Insufficient sleep undermines dietary efforts to reduce adiposity. Ann Int Med 2010:153;435-441

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